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| Page mise à jour le 02/09/2009 |  |
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|  | La Fièvre Catarrhale Ovine (blue tongue):
Le point sur la transmission
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 | La fièvre catarrhale ovine (ou blue tongue, maladie de la langue bleue en anglais) est une maladie animale provoquée par un virus transmis d'un animal à un autre par des moucherons piqueurs (maladie vectorielle). Elle ne touche que les ruminants.
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| Un virus spécifique des ruminant et qui mute fréquemment et qui progresse en Europe
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 | La FCO est provoquée par un virus dont la base génétique est l’ARN. Cela lui permet de muter plus facilement d’où une multiplicité de types de virus différents (on les appelle des sérotypes). A ce jour on en connaît 24 dans le monde.
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Il n’y a pas pas de protection croisée entre les différents types. Cela signifie qu’il faut fabriquer un vaccin pour chaque type de virus et qu’un contact antérieur avec un type de virus ne protège pas contre les autres types.
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La FCO n’est pas dangereuse pour les humains. Elle ne leur est pas contagieuse, ni par contact avec les animaux, ni par leurs produits, ni par les piqûres d'insectes.
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Elle n’atteint que les ruminants domestiques (moutons, bovins, chèvres, lamas, dromadaires ...) ou sauvages (cerfs, chevreuils, antilopes, ...).
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Elle se transmet d’un animal à l’autre presque uniquement de manière indirecte, par les piqûres de petits moucherons. Après avoir pris du sang contenant du virus sur un animal infecté pour se nourrir, ils piquent d’autres animaux qu’ils infectent à leur tour. Il peut cependant y avoir quelques cas de transmission directe, par exemple de la mère au foetus.
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Jusqu'à récemment, la FCO était considérée comme une maladie tropicale ou méditerranéenne, affectant une large zone allant du 40° nord au 35° sud. L’Europe méditerranéenne était assez régulièrement touchée (Espagne, Portugal, Italie, Grèce, Bulgarie,... et, pour la France, la Corse depuis 2001), soit à partir de l'Afrique du Nord, soit à partir du "couloir des moutons", zone de commerce et d'échange imortante du cheptel ovin qui va de l'Inde à la Turquie à travers le Moyen Orient.
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Jusqu’à maintenant, la maladie était surtout importante chez le mouton. Avec des pertes parfois très conséquentes. Ainsi, dans les 10 dernières années, elle a tué environ 600 000 moutons dans le seule Italie. Chez les autres espèces, l’infection restait inapparente : elles pouvaient porter le virus mais sans en être malades.
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Mais, depuis 2006, le virus de type 8 circule dans le Nord de l’Europe, au départ des Pays Bas. Cette fois, les bovins aussi peuvent tomber malades. Le type 8 était inconnu jusque là en Europe occidentale. Il pourrait venir du Sud du Sahara, d’Amérique centrale ou du Sud, des Caraïbes ou des Indes. La cause de l’introduction dans le nord de l’Europe est toujours inconnue à ce jour. Les activités humaines sont probablement responsables. Les causes envisagées sont l'importations de ruminants infectés (domestiques ou sauvages), ou de moucherons infectés (dans le pelage de chevaux, avec des plantes ou des légumes, ...), ou de matériel infectieux (vaccins, sérums … contaminés). Mais rien n’est prouvé et on se perd en conjectures.
Après son arrivée dans la région de Maastricht, aux Pays Bas, le virus s'est d'abord diffusé sur place, puis à plus longue distance : zone de Gand et Cologne avec une diffusion secondaire autour de ces nouvelles zones. En juin 2007, la vitesse de propagation était estimée à 15 km/semaine.
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 |  | Arrivées successives de la FCO en Europe depuis 1998 |
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 | | La transmission de la FCO passe par un vecteur : le culicoïdes
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 |  | Dans la plupart des cas, la contagion nécessite l'intervention d’un vecteur.C'est à dire d'un transporteur qui va, en outre, multiplier le virus, augmentant ainsi l'efficacité de la diffusion.
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 |  | Le seul vecteur réellement significatif est un petit moucheron (1 à 2mm) du genre Culicoïdes. On en compte 1300 espèces différentes dont 96% sont piqueuses.Contrairement aux mâles qui se nourrissent de nectar, les femelles ont besoin d’un repas de sang pour assurer la maturation de leurs œufs. En piquant des ruminants infectés, elles récoltent aussi des virus. Les virus se multiplient dans leur organisme en une dizaine de jours, en particulier dans les glandes salivaires. Au bout de ce délai, une autre piqûre permet d’infecter un nouveau ruminant. Il n'est pas exclu que les culicoïdes transmettent le virus à leur progéniture.
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Un culicoides infecté le reste toute sa vie. Une seule piqûres suffit à infecter un animal sensible.
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Le vecteur habituel était Culicoïdes imicola, une espèce subtropicale qui remontait progressivement vers le Nord de la Méditerrannée à la faveur du réchauffement climatique. Mais ce n'est plus le cas pour le sérotype 8 en Europe du Nord. On a affaire à des moucherons autochtones, bien adaptés au climat : C. Obsoletus, C. scoticus, C. dewulfi et peut être C. chiopterus.
La longévité des culicoïdes adultes est de 10 à 20 jours en moyenne, parfois jusqu’à 70 jours. Les sites de ponte varient selon les espèces. Ce sont les sols humides, les fumiers, les végétaux en décomposition, tous milieux qui se trouvent facilement dans l'environnement des ruminants. Les seuls éléments vraiment défavorable sont la sécheresse et le froid. Les larves peuvent entrer en vie ralentie (latence), si les conditions climatiques sont temporairement défavorables, et résister ainsi plusieurs mois.
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Les culicoïdes sont plutôt des insectes d’extérieur. Ils pénètrent néanmoins dans les étables et peuvent même y piquer. Leur activité est plutôt crépusculaire et nocturne. On peut se demander s’il existe un cycle de reproduction à l’intérieur car la présence de culicoïdes en hiver, particulièrement dans les étables, a été observée.
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 | | Les pics de manifestation de la maladie correspondent aux périodes d'activité et de multiplication des culicoides
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 |  | La multiplication des culicoïdes, leur activité (vol, fréquence des repas, reproduction) et la multiplication des virus dans leur organisme sont favorisées par les températures élevées et une certaine humidité.
La transmission du virus aux ruminants ne peut se faire que par des culicoïdes qui ont déjà piqué au moins une fois, c'est à dire des femelles adultes. Etant donnée la faible taille du moucheron, le repas de sang est si petit qu'il n'est pas sûr qu'une femelle de culicoïde s'infecte à tout coup en piquant un ruminant atteint. D'autre part, toutes ne sont pas également réceptiveset bon nombre d'entre elles ne survivent pas assez longtemps pour permettre une maturation complète du virus dans leur organisme.
Cela explique qu'en zone tempérée, les conditions pour que la maladie se transmette rapidement sont surtout réunies à partir du milieu de l'été et en automne. Bien que la pullulation des culicoïdes commence dès le printemps, c'est surtout à cette saison que la population de femelles âgées devient très abondante. |
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La matière virulente : le sang
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 |  | Les sources du virus sont le sang des ruminants et les insectes infectés.
La contamination du fœtus dans l’uterus est possible dans de rares cas chez les bovins et les ovins. La contamination via la semence, les ovules et les embryons a été démontrée expérimentalement.
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Après qu’un insecte ait piqué un animal infecté, le virus se multiplie dans ses glandes salivaires et est excrété avec sa salive. Le moucheron atteint sa capacité maximale de transmission 10 à 14 jours après avoir absorbé le sang d’un animal virémique (dont le sang contient des virus). Il prend un repas de sang tous les 3 à 4 jours durant sa vie qui dure au plus 70 jours.
Chez les ruminants, une première période de virémie (présence du virus dans le sang) discrète permet la localisation du virus dans la rate, les amygdales et les ganglions lymphatiques. Une seconde période de virémie, pendant laquelle la charge virale est beaucoup plus élevée, permet la dissémination du virus dans de nombreux tissus et organes et l’infection d’autres vecteurs.
Le virus de la FCO provoque la dégénérescence et la destruction de la paroi des vaisseaux sanguins. La virémie dure plusieurs semaines, même en présence d’anticorps. Elle entraîne les troubles de la coagulation du sang et les hémorragies qui sont à l'origine des symptômes observés chez les animaux malades.
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Le passage au fœtus à travers le placenta a des conséquences variables selon le moment de la gestation. Durant le premier tiers, la mortalités embryonnaire est possible. L’infection durant le deuxième tiers peut provoquer des anomalies congénitales, notamment du cervelet. Durant le dernier tiers de gestation, il semble que, dans bon nombre de cas mais pas toujours, le fœtus s’immunise et élimine l’infection.
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 | | La propagation à distance du vecteur et donc de la maladie se fait surtout passivement
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 |  | La dispersion du vecteur par ses propres moyens est très limitée (quelques centaines de mètres). La dispersion passive par le vent est beaucoup plus importante (le culicoïdes est un moucheron très léger) : quelques dizaines à plusieurs centaines de kilomètres. Les insectes sont transportés par des vents chauds et humides de basse altitude (<2000m), de vitesse moyenne (40km/h). C'est une voie très importante de diffusion du virus contre laquelle malheureusement les mesures de contrôle et de restriction de circulation des animaux ne peuvent rien. D'où l'importance de la vaccination et de la désinsectisation préventive en bordure de zone où la maladie a été identifiée.
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 | | La persistance du virus chez des bovins serait à l'origine du maintien de l'infection
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 |  | Les bovins peuvent être contaminants pour les moucherons jusqu’à 100 jours et les moutons jusqu’à 60 jours.
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Dans une région, l'infection se maintient probablement par certains bovins adultes qui restent longtemps porteurs de virus et par des veaux infectés dans le ventre de leurs mères, qui joueraient le rôle de réservoir. D'après des résultats récents, sur 54 veaux nés de mères ayant contracté la maladie pendant la gestation, 18, soit 1/3, sont nés porteurs du virus et capables de le transmettre.
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Ces animaux permettraient au virus de passer l’hiver dans les régions tempérées où il est souvent trop rigoureux pour permettre une activité du vecteur toute l’année. Dès le printemps, la densité de culicoïdes commence à augmenter. Au début, ils se nourrissent surtout sur les bovins, et c’est sur eux qu’ils se contaminent. Ce n’est que plus tard qu’ils commencent à piquer les moutons.
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Ainsi une densité minimale de bovins serait le plus souvent nécessaire au déroulement du cycle. A moins que des moucherons passant l’hiver à l’abri ou leurs larves infectés puissent eux même assurer la survie du virus ...
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 |  | MM |
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