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Faune sauvage

Faune sauvage et risques sanitaires

Derniére mise à jour le : 05/03/2013

Les récents épisodes de brucellose en Haute Savoie, de tuberculose en Côte d'Or et d'influenza aviaire dans l'Ain ont montré que la faune sauvage peut jouer un rôle important dans l'introduction, le maintien ou la propagation de maladies graves pour les élevages...

Certaines espèces sauvages sont en expansion démographique. Ainsi par exemple en 20 ans, la population de sangliers a été multipliée par quatre ! L'augmentation des effectifs accroît de manière préoccupante les risques de transmission de maladies entre animaux sauvages et domestiques.

 Brucellose en Haute Savoie

Début 2012, un foyer de brucellose a été déclaré suite à l'avortement d'une vache laitière. Le germe, Brucella melitensis,  est fortement pathogène pour l'homme. L'abattage total du troupeau a été ordonné par l'Etat.
Mais comment cet élevage a-t-il pu se contaminer, alors que les derniers foyers locaux dataient de plus de 10 ans ? Grâce à la surveillance sanitaire de la faune sauvage, la réponse a été apportée quelques mois après.
Des chamois et surtout des bouquetins ont été trouvés porteurs de la brucellose dans un massif montagneux, lieu de transhumance pour les éleveurs.

Ainsi, tout laisse à penser que la faune sauvage s'est contaminée par contact avec un foyer brucellique en 1999. Puis, les bouquetins ont constitué un réservoir de la maladie pendant plus de 10 ans, avant de transmettre la brucellose à un bovin et sans doute à d'autres animaux sauvages.

Le problème est que le bouquetin est une espèce protégée...

 Tuberculose en Normandie

Plusieurs élevages de bovins situés autour de la forêt de Brotonne en Normandie ont été déclarés infectés en tuberculose au cours des années 2000. Des dépistages montraient alors qu'un quart des cerfs et 30 p.cent des sangliers qui peuplaient cette forêt étaient contaminés ! La faune sauvage constituait un réservoir pour la tuberculose. Il n'était pas possible de préserver les élevages environnants si des mesures énergiques n'étaient pas prises. En 2006, l'abattage total des cerfs et la réduction de la densité des sangliers ont été mis en oeuvre. La diminution des populations a permis une très forte réduction du nombre d'animaux infectés et un arrêt des contaminations des élevages voisins. Cet exemple a montré par ailleurs, que même sur un territoire bien circonscrit, il est difficile de contrôler tous les animaux d'une espèce sauvage !

 Tuberculose en Côte d'Or

Depuis 10 ans, une région du département de la Côte d'or est confrontée à une grave ré-émergence de la tuberculose, avec 170 foyers depuis  2002. Lors de la campagne 2011-2012, 50 p.cent des cas déclarés étaient des recontaminations. C'est-à-dire des élevages qui avaient été infectés et qui, après un abattage du troupeau, se retrouvaient de nouveau atteints par la tuberculose.

Les analyses réalisées sur les cerfs, sangliers et blaireaux ont révélés la contamination de la faune sauvage. Dans un premier temps, celle-ci a été "victime" de l'infection bovine puis la mycobactérie s'est propagée entre animaux sauvages qui ont largement contaminées les pâturages et les abords des exploitations.

Les blaireaux sont particulièrement sensibles à la tuberculose du fait de leur mode vie en groupe, à l'intérieur de terriers. Les britanniques n'arrivent pas à éradiquer la tuberculose bovine, du fait de sa forte présence chez les blaireaux, espèce protégée de l'autre côté de la Manche. On ne peut donc qu'approuver les mesures de contrôle des blaireaux autour de chaque foyer de Côte d'Or.

Un réseau de surveillance de la tuberculose dans la faune sauvage « Sylvatub » a été mis en place en France (voir encadré). Chaque département est classé suivant son niveau de risque et la surveillance s'accroit avec le risque.

 Sangliers et porcs plein air : une cohabitation difficile !

Les risques sanitaires que les sangliers peuvent faire peser sur les élevages de porcs plein air sont importants. Des plans de surveillance ont été mis en place par l'Etat avec la collaboration active des chasseurs. Ils permettent de repérer les populations porteuses de brucellose, de maladie d'Aujeszky...

La brucellose porcine est pathogène pour l'homme. Les élevages de porcs atteints doivent faire l'objet d'un abattage total! Les foyers en élevage plein air se retrouvent dans les départements où les sangliers sont contaminés.

De même, la maladie d'Aujeszky a été éradiquée en France. Du moins dans les élevages, car les sangliers sont porteurs de ce virus dans certaines régions. La seule protection efficace est la construction de barrières infranchissables par le sanglier. Ces installations ont été rendues obligatoires par la réglementation.

 FCO et faune sauvage

La question a été posée: pourra-t-on  éradiquer la fièvre catarrhale ovine si la faune sauvage est infectée ?
Des études ont montrés que le cerf élaphe pouvait être fortement infecté par la FCO. Mais la vaccination généralisée et la protection durable des ruminants infectés ont été suffisamment efficaces pour que la circulation virale sur les cervidés ne compromette pas l'acquisition du statut indemne de la France.

 IBR et BVD

Bien des éleveurs qui ne comprennent pas comment ils ont pu s'infecter par les virus BVD ou IBR se demandent si les chevreuils ne peuvent pas avoir joué un rôle dans la contamination de leur troupeau.

Les études menées jusqu'alors ne permettent pas facilement de trancher ! Quelques animaux sont parfois trouvés séropositifs mais la plupart sont négatifs.

Le réservoir prépondérant de ces maladies se trouve chez les ruminants domestiques. Les enquêtes sur la faune sauvage doivent être réservées aux cas de réel problème récurrent dans les élevages.

 Influenza (grippe) aviaire

En 2006, un élevage avicole est contaminé par le virus H5N1, qui circulait, à cette époque, sur les populations d'oiseaux sauvages dans la Dombes. Le traitement médiatique a fortement amplifié un problème qui, bien géré, n'a pas pris les proportions que certains prédisaient. Heureusement, la souche du virus était relativement peu contagieuse.

La crainte principale quant au H5N1, c'est qu'une souche aviaire contamine des élevages de porcs dans lesquelles elle muterait, devenant fortement pathogène et contagieuse pour l'homme. Les GDS et Interporc animent un réseau de surveillance des souches virales. Des prélèvements sont effectués et analysés dans les élevages de porcs lorsque l'éleveur signale des symptômes de grippe à son vétérinaire.

 La faune sauvage est elle victime ou réservoir de maladies transmissibles ?

La faune sauvage participe au cycle de plusieurs maladies contagieuses. Il faut donc la surveiller et évaluer et maîtriser très sérieusement les risques. On a vu que l'augmentation de la densité des populations sauvages est un des facteurs principaux de risque de transmission des maladies aux animaux domestiques. Les populations doivent être régulées en particulier dans les régions où des élevages sont déclarés infectés. De leur côté les éleveurs doivent prendre des mesures dites de « bio-sécurité » pour limiter au maximum les contacts entre animaux domestiques et sauvages.

Les maladies les plus graves: tuberculose, brucellose... doivent être gérées avec la plus grande rigueur en élevage afin d'éviter la transmission des germes à la faune sauvage et d'éviter un scénario catastrophe !

JLC
d'après une conférence de Jean Hars (ONCFS)





























































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