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Faune sauvage

Brucellose et faune sauvage

Derniére mise à jour le : 05/06/2013

Brucellose dans le Bargy: la faune sauvage dans le collimateur

En avril 2012, suite à un avortement sur une vache laitière, un foyer de brucellose est diagnostiqué dans un élevage de Haute-Savoie. Les enquêtes dans 40 élevages contacts réalisées au printemps ainsi qu'une campagne de dépistage menée la même année au retour d'estivage permettent de conclure à l'absence de contamination des troupeaux domestiques. En revanche la surveillance de la faune sauvage révèle une situation préoccupante. Un plan d'action est mis en oeuvre pour sécuriser la prochaine montée en estive.

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La brucellose, qu'est-ce que c'est ?
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La brucellose est une maladie infectieuse due à une bactérie commune à certains animaux et à l'homme.
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Elle était jadis bien connue des éleveurs et des vétérinaires sous le nom de fièvre de Malte, ou fièvre ondulante. La fièvre dure une quinzaine de jours. La maladie peut devenir chronique avec des atteintes articulaires, neurologiques et une fatigue intense.
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Chez les ruminants domestiques, l'infection de l'utérus provoque un avortement dans la seconde moitié de gestation et l'infection des testicules provoque une orchite. La contamination se fait essentiellement à partir des produits d'avortement et des sécrétions génitales des animaux infectés.
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 Campagne de dépistage
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A l'automne 2012, plus de 12 000 analyses, dans près de 200 cheptels bovins, ovins et caprins ont été réalisées à la descente d'estive. Aucun nouveau foyer domestique n'est mis en évidence. Des recherches sont entreprises dans la faune sauvage dès le mois de septembre. Les chasseurs effectuent des prélèvements sur les chamois, les cerfs et les chevreuils. Dès le second dimanche d'ouverture de la chasse, un chamois est découvert positif.
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Parallèlement, les agents de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) réalisent des prélèvements sur les bouquetins. Ils flèchent les animaux, à l'aide d'un fusil hypodermique. Fin 2012, 24 bouquetins sont ainsi prélevés et analysés. Trois d'entre eux présentent des lésions caractéristiques de la brucellose :  arthrites des genoux et, pour l'un entre une orchite.  Au total, dix bouquetins se révéleront positifs en sérologie. Bien que le bouquetin soit une espèce protégée, le ministère de l'écologie donne son accord pour que l'ONCFS procède à leur abattage : neuf sont éliminés, le dernier est retrouvé sous une avalanche.
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Les agents de l'ONCFS télé anesthésient les bouquetins pour les prélever : prise de sang, écouvillons,... (photo J. Hars)
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 Mieux connaître le réservoir de la brucellose
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En Haute-Savoie, le précédent foyer domestique de brucellose remonte à 1999. Il était situé au nord du massif du Bargy, celui de 2012 au sud du même massif montagneux. Or, les souches de brucellose identifiée dans ces deux foyers sont très proches des souches identifiées chez les bouquetins. La brucellose aurait donc circulé à bas bruit dans la faune sauvage, pour ressurgir douze ans plus tard... Le risque de transmission de la brucellose vers d'autres espèces est considéré comme faible mais il ne peut pas être écarté. Les enjeux pour l'élevage sont considérables.
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Ce bouquetin présente une lésion d'arthrite caractéristique de la brucellose (photo S. Anselme-Martin)
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 Une maîtrise de la brucellose qui passe par la gestion de la faune sauvage
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Une stratégie de gestion de la maladie dans la faune sauvage est décidée : environ 80 bouquetins supplémentaires seront prélevés et analysés au printemps 2013 afin de savoir si  la maladie s'est étendue aux massifs adjacents, et surtout de connaitre la prévalence de la maladie chez les jeunes animaux, donc de savoir si la brucellose circule activement dans la faune sauvage. Les effectifs et les déplacements de bouquetins seront étudiés grâce à la pose de colliers VHF (émetteur à fréquence radio) et GPS, aux comptages par hélicoptère et aux observations sur le terrain. En cas de résultat d'analyse positif ou lorsqu'un bouquetin est observé malade, les agents le retrouvent et l'abattent.
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Les bouquetins capturés sont munis de boucles et d'un collier VHF ou GPS, qui permet de suivre leurs déplacements (photo J.-P. Grangeon)
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 Surveillance renforcée des élevages
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La traçabilité des transhumances est renforcée dans le département de la Haute-Savoie. Le but est d'actualiser la liste des troupeaux de bovins, ovins et caprins qui seront présents cette année sur un alpage.  Les éleveurs qui transhument en Haute-Savoie doivent retourner au GDS de leur département une déclaration de transhumance individuelle qui sera à faire suivre au GDS74 pour les éleveurs provenant d'autres départements. Dans le cas des alpages collectifs, c'est le responsable de l'alpage qui met à jour la liste des cheptels qui participent à l'estive auprès de l'EDE et du GDS.
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Déclarer les avortements : c'est important et c'est gratuit !
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Dès le premier avortement chez les bovins, et plus de trois avortements en une semaine chez les ovins-caprins, l'éleveur doit appeler son vétérinaire afin qu'il vienne réaliser les prélèvements nécessaires au dépistage de la brucellose. Tous les frais liés à cette visite et aux analyses brucellose sont pris en charge par l'Etat.
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Le respect de cette obligation par chacun est essentiel. En effet, les avortements sont le signe le plus précoce d'une infection brucellose. En cas de contamination d'un cheptel, le diagnostic sur avortement est donc le seul moyen de limiter la diffusion de la maladie.
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Les alpagistes qui font transhumer sur les secteurs où la présence de brucellose chez les bouquetins est mise en évidence sont incités à prendre des précautions pour limiter les contacts entre faune sauvage et animaux domestiques. Les zones de pâturage précoce au printemps, les lieux d'abreuvement ou les pierres à lécher favorisent le regroupement de bouquetins dans des zones fréquentées par les ruminants d'élevage. Les contacts sont particulièrement à risque autour de la période de mise-bas des bouquetins, c'est-à-dire jusqu'à mi-juillet.
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La surveillance des troupeaux est renforcée sur les secteurs sensibles (photo I. Drouet)
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Les troupeaux de bovins, d'ovins et caprins seront dépistés à la descente d'alpage. Les modalités précises ne sont pas encore fixées. Parallèlement l'Etat a renforcé et prend en charge le dispositif de surveillance de la brucellose sur le lait en Haute-Savoie : les exploitations laitières sont dorénavant dépistés mensuellement. Ce dépistage permet de repérer le plus en amont possible une éventuelle contamination.
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CG




































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