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Divers

Récolter toutes les pailles

Derniére mise à jour le : 06/09/2011

Les premières moissons vont démarrer sur les zones les plus précoces.
Le déficit de fourrage sur les premières coupes de foin et ensilage nécessitera de trouver de la fibre pour alimenter correctement les troupeaux. La paille, de bonne qualité, peut être une alternative. Les rendements en paille étant inférieurs aux années antérieures, toutes les pailles pour l’alimentation et la litière sont à valoriser. Revue d’effectif sur les possibilités offertes.

Rations à base de paille: les principes à respecter

La paille est un fourrage pauvre en sucres solubles, matières azotées et minéraux dont les valeurs nutritives sont nettement inférieures à celles de l’herbe ou des foins ou ensilages qu’elle est amenée à remplacer dans un contexte de pénurie. Afin d’assurer une bonne ingestibilité de ce fourrage par les animaux, quelques recommandations doivent être respectées.

Principales valeurs nutritives des pailles (/kg de MS) (sources INRA 2007)
 
UFL
PDIN
PDIE
MAT
Cellulose brute
paille de blé
0,42
22
44
35
420
paille d'orge
0,44
24
46
38
420
paille d'avoine
0,5
20
48
32
420
paille de pois
0,53
42
60
66
413
Paille de soja
0,4
30
50
50
425
paille de féverole
0,45
31
51
49
479
paille de graminées semences
0,5
53
53
84
400

Les pailles d’avoine et d’orge sont en général meilleures que celles de blé. La paille de pois a une digestibilité de la matière organique supérieure de 26 % à celle d’une paille de blé et une teneur en MAT supérieure de 90 % pour la même teneur en cellulose brute.

 N’employer que les pailles bien conservées

Toutes les pailles de céréales, protéagineux et graminées peuvent convenir, à condition qu’elles aient été récoltées sèches et qu’elles soient stockées à l’abri de l’humidité. Une paille poussiéreuse, terreuse, piquée par des moisissures sera moins bien consommée. Les pailles dont les cultures ont récemment reçu un traitement phytosanitaire doivent être réservées à la litière.

 Nourrir les micro-organismes du rumen pour améliorer la digestibilité de la paille

 apporter en complément l’azote soluble et les glucides rapidement fermentescibles qui font défaut à la paille, en ajoutant :
- soit de l’aliment liquide (5 à 10 % de la quantité de paille distribuée)
- soit des concentrés azotés (environ 100 g de tourteau de soja ou 150 g de tourteau de colza par kg de paille)
- soit des coproduits bien pourvus en azote et en sucres solubles (Corn Gluten Feed ensilé ou sec, drèches, …)
 apporter systématiquement minéraux, oligo-éléments et vitamine A :
- la forme la plus pratique est un AMV enrichi en oligo-éléments
- adapter le rapport phosphocalcique selon les aliments associés à la paille

 Apporter une complémentation énergétique et azotée supplémentaire pour couvrir les besoins de production sans pénaliser l’activité cellulolytique du rumen

 éviter les concentrés trop rapidement dégradables :
 utiliser des compléments azotés riches en PDIA (tourteaux, drèches, …)

 A renouveler souvent

Les animaux s’habituent lentement à la paille. Il faut 1 à 2 mois pour que leur consommation atteigne son maximum. Pour que la paille soit consommée, proposez souvent de la paille nouvelle. Le hachage n’augmente pas la consommation de paille par les bovins, mais permet de réduire les gaspillages. En revanche le hachage permet aussi de mélanger plus facilement la paille à un aliment liquide.

 A privilégier pour les gros bovins et les animaux à faible besoin

Bien complémentée, malgré sa faible valeur alimentaire, la paille peut entrer dans la composition des rations des bovins. Elle peut compléter dans une certaine mesure les rations à base de foin, ensilage herbe et maïs. Distribuée en plat unique, le niveau de concentrés doit être fortement relevé. Exemple pour des génisses de 2 ans : 5 à 6 kg de paille de bonne qualité + 3kg de concentré (type VL 2l). Pour les petits ruminants les apports doivent être modestes et bien complémentés.


Litières : quelles solutions alternatives ?

Les pailles de céréales seront chères et peu disponibles. Il faut là aussi réfléchir à d’autres sources complémentaires d’approvisionnement.

 paille de colza

La récolte de paille de colza nécessite une seconde fauche après la moisson. Elle présente une bonne portance, un bon drainage de la litière mais une faible absorption des urines. Elle peut être utilisée en combinaison avec de la paille de céréales. Utilisée seule il faut la réserver pour des bovins peu exigeants en propreté (gros bovins, génisses, broutards par exemple).

 autres pailles

Les fougères localement peuvent présenter un intérêt mais son pouvoir absorbant est faible. Les cannes de maïs broyées sont souvent très humides et difficiles à valoriser.

 les produits ligneux présentent une bonne alternative

Parmi ceux-ci les sciures sont à privilégier par rapport aux copeaux de bois. Les sciures sont plus sèches, plus absorbantes et ne présentent pas de risques de blessures pour les animaux. Préférer le bois blanc au résineux et des produits secs. Un mélange des deux (sciure + copeaux) ou sciure + paille peut être un bon compromis. Pour les copeaux attention à la reprise et épandage des déjections (pompe à lisier). Par rapport à 2003, il est plus difficile de s’approvisionner en sciure de bonne qualité, sa valorisation en énergie est maintenant souvent recherchée. Il est donc important de contacter localement et rapidement les fournisseurs potentiels.

Enfin la combinaison, pour les bâtiments logettes et entravés, de produits asséchant litière et de tapis peut permettre de réduire significativement les besoins en paille.
Jean-Philippe Goron, Michael Bonnault,
Isère Elevage, pour la cellule sécheresse inter-OPA




















































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