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La santé des jeunes commence par celle des mères

Derniére mise à jour le : 12/03/2019

Une bonne conduite du tarissement et de la préparation à la mise-bas entrainent de multiples bénéfices vis à vis des pathologies des jeunes et des mères

Dans de nombreux élevages, la plupart des pathologies constatées concernent les jeunes : diarrhées néo-natales, mort-nés ou avortements. Dans la majorité des cas, ces mortalités auraient sans doute pu être limitées par une meilleure gestion des mères avant mise-bas et un apport de colostrum de qualité aux nouveau-nés en quantité suffisante. La bonne santé des nouveau-nés commence par celle des mères en fin de gestation.

Un tarissement bien géré pour un couple mère/nouveau-né en bonne santé

C’est au cours du tarissement que plusieurs éléments en faveur d’un bon « démarrage » des veaux, agneaux ou chevreaux, se préparent. La mère doit être en forme et dans de bonnes conditions pour terminer sa gestation et mettre bas.En plus de la santé du nouveau-né, la période sèche est également primordiale pour la lactation suivante :

 

Bénéfices du tarissement pour le jeune

Bénéfices du tarissement pour la mère

- déroulé de la mise-bas : on diminue le risque de mise-bas longue et difficile, pouvant causer la mort du jeune et/ou une non-délivrance qui peut se compléter par une métrite, un retard à la reproduction…

- vigueur du jeune et poids à la naissance : il se lève et tète seul rapidement donc on diminue le risque de mortinatalité ou de nouveau-né chétif, plus sensible aux maladies

- colostrum : il est synthétisé et s’accumule dans la mamelle juste avant la mise-bas (3 dernières semaines chez les bovins) et devra être bu par le jeune tout de suite après sa naissance

- la mamelle se repose, les cellules sécrétrices (lactocytes) se régénèrent et les infections mammaires peuvent guérir

- les papilles et la microflore du rumen se préparent à assimiler une ration permettant de couvrir le niveau de production laitière de début de lactation

- la prévention des pathologies métaboliques du péri-partum (fièvre de lait, acétonémie) et le démarrage en lactation est plus facile

 

Une ration spécifique au tarissement

Pour atteindre ces objectifs, l’alimentation est la clé. On recherche un état d’engraissement optimal (sans excès) au moment du tarissement. La note d’état corporel est d’ailleurs un bon indicateur chez les vaches laitières : elle doit être de 3,5 en début de tarissement et ne doit pas varier au cours de celui-ci.

C’est un challenge car en même temps que les besoins nutritionnels augmentent en fin de gestation, la capacité d’ingestion diminue, et ce, de manière plus importante pour une gestation multiple comme c’est souvent le cas chez les brebis et les chèvres.

En début de tarissement, on vise le maintien d’une bonne fonctionnalité du rumen qui permettra une ingestion maximale en début de lactation, avec une ration « relativement pauvre » en énergie mais encombrante, via un apport de fibres et de cellulose par du foin ou de la paille. Puis, à l’approche de la mise-bas, au moins 3 semaines avant la mise bas (afin de respecter le temps d’une transition alimentaire), les besoins seront couverts en concentrant la ration et ré-introduisant les fourrages qui seront utilisés lors de la future lactation. L’eau doit être propre et mis à disposition à volonté.

Ne pas oublier les minéraux et oligo-éléments

Les apports en minéraux, oligo-éléments et vitamines sont essentiels, d’autant plus pour les primipares ! En effet, elles sont toujours en croissance et ont donc des besoins plus importants.

Concernant les minéraux, en plus du sel (apporté dans la ration ou via les pierres à sel), on vise une baisse du Bilan Anion-Cation Alimentaire (BACA (K+Na)-(Cl+S)) afinde provoquer une acidification ponctuelle du sang permettant lamobilisation du calcium osseux et ainsi la prévention des hypocalcémies. Pour cela, il faut éviter le potassium (contenu dans l’herbe jeune en particulier) et si besoin ajouter du chlorure de magnésium durant les 10 jours avant la mise-bas. On peut évaluer la baisse du BACA par le contrôle du pH urinaire des vaches taries. L’apport en oligo-éléments (sélénium, zinc, iode, cuivre) et vitamines (A, D, E.) ne doit pas être négligé. Le sélénium, en particulier, accroit la teneur en anticorps du colostrum produit, et permet un meilleur transfert immunitaire chez le nouveau-né. Plusieurs possibilités existent pour l’administration : bolus spécial vache tarie, distribution dans l’alimentation….

Le tarissement est le moment opportun pour un traitement contre les parasites internes qui peuvent, si l’infestation est trop massive, être responsables de spoliation d’énergie, protéines, ou oligo-éléments. La douve, en particulier, est présente dans le foie, et peut entrainer une baisse d’immunité de la mère et la fabrication d’un colostrum moins riche en anticorps.

Un logement confortable pour du repos

Pendant cette période, les futures mères ont un gabarit plus imposant que les femelles en lactation. Elles passent beaucoup de temps couché, et ont besoin de reposer leur mamelle et leurs pieds, en plus d’assurer les dernières semaines de croissance du ou des fœtus. Il faut donc fournir un logement propre pour limiter le risque de nouvelles infections mammaires, et un confort optimal (aire paillée, pâture, logettes plus grandes, de la place à l’auge, éviter les marches dans la stabulation…).

Mettre en œuvre ces bonnes pratiques d’alimentation et de logement est plus facile si les femelles taries sont séparées des femelles en lactation. Cela demande de l’organisation et peut sembler contraignant,en particulier chez les vaches lorsque les vêlages sont étalés toute l’année (place en bâtiments, organisation et temps de travail), mais c’est une des clés pour prévenir les pathologies des mères et des jeunes autour de la mise-bas et garantir la qualité du colostrum.

Perrine MATRAT (GDS du Rhône)


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